Après l'obtention d'un baccalauréat ès arts à l'U. de Toronto en 1919, Pearson hésite quant à un choix de carrière. Il touche au droit et aux affaires puis obtient une bourse de recherche à Oxford. Il enseigne l'histoire à l'U. de Toronto, y joue au tennis et est l'entraîneur de son équipe de football. Il se marie à la même époque et a bientôt des enfants. Jugeant que son salaire de professeur est insuffisant, il trouve un emploi au sein du ministère des Affaires extérieures. En 1928, il s'est déjà avéré un observateur perspicace et un rédacteur compétent, des qualités qui le servent bien dans son travail. Pearson attire rapidement l'attention du sous-ministre, O.D. SKELTON.
En 1935, il est affecté à Londres, cette fois en tant que premier secrétaire du Haut-Commissariat du Canada, s'y trouvant aux premières loges de la scène européenne à l'aube de la Deuxième Guerre mondiale. Les événements dont il est témoin le marquent profondément et, par la suite, il attachera une grande importance à l'organisation d'une défense collective contre les dictatures et les agressions armées. En 1941, Pearson revient au Canada. Il est envoyé à Washington en 1942 à titre de commandant adjoint de la légation canadienne. Il y remporte un grand succès, particulièrement auprès de la presse, en raison de sa personnalité débonnaire et de son charme. En 1945, il est nommé ambassadeur du Canada aux États-Unis et assiste à la conférence de fondation de l'ORGANISATION DES NATIONS UNIES (ONU) à San Francisco.
En septembre 1946, Pearson est rappelé au Canada par le premier ministre KING pour occuper les fonctions de sous-ministre (ou sous-secrétaire) des Affaires extérieures. Tout en conservant un profond intérêt pour l'ONU, il préconise un resserrement des liens économiques et politiques entre le Canada et ses principaux alliés, les États-Unis et le Royaume-Uni. Son travail est couronné par l'adhésion du Canada à l'OTAN en 1949. Pearson appuie fortement la création d'une organisation d'autodéfense, bien qu'il espère que sa seule existence puisse convaincre l'URSS que toute attaque serait futile.
Au moment où l'OTAN est en place, Pearson a déjà quitté la fonction publique pour se lancer en politique. En septembre 1948, il devient ministre des Affaires extérieures et représente subséquemment la circonscription d'Algoma-Est, en Ontario, aux Communes. En qualité de ministre, il contribue à ce que le Canada prenne part à l'armée de l'ONU et s'engage dans la guerre de Corée. En 1952, il préside l'Assemblée générale des Nations Unies, où il cherche une façon de résoudre le conflit. Ses efforts en ce sens déplaisent aux Américains, qui le trouvent trop conciliant sur des questions de principe délicates. Sa carrière diplomatique culmine en 1956, lorsqu'il propose la création d'une force de MAINTIEN DE LA PAIX sous l'égide des Nations Unies, afin de faciliter le retrait des Britanniques et des Français hors de l'Égypte. Son plan est mis en oeuvre, et Pearson reçoit en récompense le prix Nobel de la paix en 1957.
À ce moment, Pearson n'est plus en poste. Il a abondamment été blâmé, ainsi que le gouvernement de SAINT-LAURENT, pour ne pas avoir soutenu la Grande-Bretagne en 1956, de sorte que les libéraux ont été défaits et Saint-Laurent a quitté la direction du Parti. En janvier 1958, au congrès à la direction, Pearson remporte la victoire contre Paul MARTIN et devient chef du Parti libéral. Les libéraux font alors face au gouvernement conservateur minoritaire de John DIEFENBAKER. Comme premier geste à titre de chef du Parti, Pearson défie Diefenbaker de remettre sa démission pour lui céder le gouvernement. Diefenbaker tourne l'idée en ridicule et, aux élections générales suivantes, les libéraux n'occupent plus que 49 des 265 sièges des Communes. Pearson s'attaque à la longue tâche de reconstruire le Parti. Grâce à l'aide de débatteurs parlementaires de la trempe de Paul Martin et de J.W. PICKERSGILL et de militants bénévoles tels que Walter GORDON, Mitchell SHARP et Maurice LAMONTAGNE, il réussit à restaurer les libéraux comme un véritable parti national. Aux élections de 1962, le Parti libéral augmente à 100 le nombre de ses sièges aux Communes. En 1963, le gouvernement Diefenbaker s'effondre en raison de la controverse sur les armes nucléaires. Aux élections suivantes, les libéraux remportent 128 sièges pour former un gouvernement minoritaire.
Pearson entre en fonction le 22 avril 1963. On s'attend à ce que son gouvernement assure une gestion plus efficace que celui de Diefenbaker, mais il se montre plutôt enclin aux bévues lorsqu'il échoue à faire accepter son premier budget. Le Parlement passe beaucoup de temps dans d'amères disputes partisanes et personnelles qui atteignent leur paroxysme lors de l'interminable DÉBAT SUR LE DRAPEAU, en 1964. En 1965, Pearson déclenche des élections générales, mais il ne parvient pas encore une fois à obtenir un gouvernement majoritaire. L'année suivante, le scandale de MUNSINGER éclate et suscite encore plus d'amertume partisane. L'année 1965 marque un point tournant de son administration : le ministre des Finances, Walter Gordon, démissionne, tandis que Jean MARCHAND et Pierre TRUDEAU, tous deux du Québec, s'imposent de plus en plus au Cabinet. Les efforts qu'avait déployés Pearson pendant son premier mandat dans le but de rallier le Québec et les autres provinces autour d'un « fédéralisme coopératif » et d'une politique de « bilinguisme » et de « biculturalisme » font place à une réponse ferme du fédéral aux demandes provinciales, et aux tentatives du gouvernement québécois d'usurper les rôles fédéraux dans les relations internationales. Lorsque le président français Charles de Gaulle, lors de sa visite dans le cadre du centenaire du Canada, lance le slogan des séparatistes « Vive le Québec libre » devant la foule à Montréal, Pearson lui adresse des reproches officiels, et de Gaulle rentre promptement chez lui. En décembre 1967, Pearson annonce son intention de quitter la scène politique et, en avril 1968, le congrès à la direction libérale choisit Pierre Trudeau pour lui succéder.
Malgré tout le tohu-bohu qui le caractérise, le gouvernement Pearson laisse en héritage des mesures législatives notables, dont le Régime de pensions du Canada, un programme universel d'assurance-maladie, une armée unifiée, un nouveau drapeau ainsi qu'une loi révisée sur les transports. Il ne va pas aussi loin dans sa façon d'aborder le problème des régions défavorisées du Canada, et ses résultats à cet égard, telles que l'usine d'eau lourde de Glace Bay, sont décidément mitigés. Ces initiatives n'ont pas toutes porté fruit, et certaines se sont révélées très coûteuses, mais elles représentent l'avènement de l'ÉTAT PROVIDENCE canadien dont avaient rêvé des générations de théoriciens sociaux. Pendant sa retraite, Pearson se consacre à une étude sur l'aide internationale pour le compte de la Banque mondiale et à ses mémoires.
Auteur ROBERT BOTHWELL
Bibliographie
R. Bothwell, Pearson (1978); L.B. Pearson, Mike, 3 vol. (1972, 1973, 1975).
Liens supplémentaires
L'Institut Historica-Dominion
Le site Web de l'Institut Historica-Dominion, organisme de tutelle de l'Encyclopédie canadienne et l'Encyclopédie de la musique au Canada. Consultez leur guerre multimédia de 1812 option et beaucoup d'autres ressources interactives concernant l'histoire et la culture canadiennes.
Premier parmi ses pairs
Un site impressionnant d'information produit par Bibliothèque et Archives Canada sur la vie et la carrière politique des premiers ministres du Canada. Inclus des biographies, discours et autres documents historiques.
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Expo 67: Montréal capitale du monde
Le site Internet des Archives de Radio-Canada, vise à rendre accessible au grand public une partie de la vaste collection d'archives radiophoniques et télévisuelles de Radio-Canada et de la CBC.
Le Centre Pearson pour le maintien de la paix
Cliquez sur le lien pour visiter le site Web de le Centre Pearson pour le maintien de la paix, un établissement de formation sur les opérations de paix reconnu à l’échelle internationale qui appuie la contribution du Canada à la paix et à la sécurité internationales.
Lester Bowles Pearson
Une biographie deLester Bowles Pearson. Par le Dictionnaire biographique du Canada en ligne.


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